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Les travaux du professeur Michel Haïssaguere distigués par la Fondation Louis Jeantet

Du lundi 1 février 2010 au dimanche 28 février 2010

Le Professeur Michel Haïssaguerre obtient le Prix Louis Jeantet de médecine 2010 pour la découverte de l'origine de la fibrillation auriculaire. Une distinction parmi les mieux dotées en Europe et qui lui permettra de poursuivre ses travaux.
 
©Alix / PhanieLa Fondation Louis Jeantet distingue Michel Haïssaguerre, professeur de cardiologie à l'Université Victor Segalen Bordeaux 2 et directeur du département des arythmies cardiaques au CHU de Bordeaux (Haut-Levêque) dont les recherches cliniques ont révolutionné le traitement de l'arythmie cardiaque. Avec son équipe, il a en effet découvert l'origine de la fibrillation auriculaire et mis au point un traitement dont ont déjà bénéficié des dizaines de milliers de patients dans le monde.

Les fibrillations sont parmi les pathologies les plus complexes du rythme cardiaque. Le professeur Haïssaguerre travaille depuis plus de 15 ans sur ces troubles électriques qui engendre une dysharmonie du rythme cardiaque. Il a découvert que la source de la fibrillation auriculaire se situe non pas dans l'oreillette, où elle se manifeste, mais au niveau des veines pulmonaires. Des cellules électriques très facilement excitables y sont reliées à l'oreillette et peuvent générer plus de 400 impulsions par minute, chez les patients souffrant de fibrillation. D'où l'emballement des cellules auriculaires responsable de la majorité des accidents vasculaires cérébraux. Cette découverte a permis la mise au point d'un traitement définitif : l'exclusion des cellules responsables de ces désordres électriques  en les brûlant soit par le froid (cryothérapie) soit par le chaud (radiofréquences). Une thérapie aujourd'hui mise en œuvre dans le monde entier et dont plus de 1 000 personnes bénéficie chaque année à Bordeaux.

L'équipe du Professeur Haïssaguerre a depuis orientée ses travaux sur les fibrillations ventriculaires (qui se produisent dans la partie basse du cœur). Elle a étudié le trouble cardiaque chez des patients qui ont été équipés d'un défibrillateur sous-cutané suite à un premier épisode de mort subite « ressuscité ». Cet appareil, qui envoie des chocs électriques arrêtant la fibrillation ventriculaire, enregistre également les signaux parcourant le cœur. Le Professeur Haïssaguerre a observé que cette « tornade électrique » naissait dans le tissu de Purkinje, qui ne représente que 2%  de la masse cardiaque. D'où un potentiel de recherche très intéressant en termes de solutions thérapeutiques. En effet, les premiers essais d'ablation ciblée de ces sources chez quelques patients s'avèrent prometteurs, sans aucune récidive.

Mais il reste encore beaucoup à faire. Le Professeur et son équipe souhaitent mettre à profit les 400 000 euros de dotation du Prix Louis Jeantet pour contribuer au contribuer au financement du Lyric, projet de laboratoire expérimental dédié à la fibrillation ventriculaire et à sa modélisation fortement soutenu par l'Université.

 

>>En savoir + : le Prix Louis Jeantet

La Fondation Louis Jeantet s'est donné pour mission de soutenir la recherche biomédicale en Europe. Basée à Genève, elle consacre quelque 4,5 millions de francs suisses par an à l'encouragement de la recherche biomédicale en investissant à parts égales dans des projets de recherche européens et locaux.

Le Prix Louis Jeantet de médecine est destiné à encourager l'excellence scientifique. Il n'est pas destiné à récompenser une œuvre achevée mais à financer la poursuite de travaux de recherche innovants et prometteurs. Concrètement, 600 000 francs suisses (plus de 400 000 euros) sont attribué à chaque lauréat pour ce faire.

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Le phénomène de la mort subite

La mort subite, c'est le décès inattendu d'une personne apparemment en bonne santé, qui survient quelques minutes après l'apparition des premiers symptômes, comme cela a été notamment le cas de jeunes footballeurs en direct pendant des matchs ces dernières années. 350 000 personnes sont frappées chaque année en Europe par ce phénomène, souvent assimilé, à tort, à un arrêt cardiaque. Il s'agit en effet non pas d'un arrêt du cœur, mais au contraire d'un sur-emballement du rythme cardiaque. Si aucune solution n'est mise en œuvre immédiatement, avec un défibrillateur ou, à défaut un massage cardiaque, la personne est foudroyée en quelques minutes.

 

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